A moi la Syrie...
Mercredi. Je suis tout concentre a mes préparatifs pour la Syrie. Je sais que je n'aurai pas de guide alors je cherche sur internet. C'est complique, le point de passage que je vais prendre, celui d'Akcakale/Tel Abyad, est apparemment le moins fréquenté de tous. Et cote syrien, ça a l'air désertique. Tout ce que je trouve, c'est le nom de 2 hôtels a Raqqa, la ville la plus proche, a 60 km de la frontière.
Je passe aussi pour la 3ème fois a la poste voir si mon colis (lunettes de rechange et nouvelle carte de crédit) est arrive de France. Toujours sans vérifier (il m'a fait le coup la dernière fois), il me fait comprendre qu'il n'y a rien. Ses façons me foutent un peu les nerfs. J'insiste tout en me contenant pour qu'au moins il vérifie. Et c'est la qu'il me dit que c'est pas ici qu'il faut demander, mais a un bureau a l'étage. Tout en évitant de l'étrangler, je monte voir. Rien. Ça risque de prendre encore 10-15 jours (2 jours plus tard, ma mère me dit que, d'après le suivi ça doit être arrive...ah la poste turque ...). je vais pas rester 2 semaines a attendre donc, c'est décidé, je pars pour la Syrie.
Lever tôt mais, bien sur, en retard sur mon plan. Je quitte Urfa et prend un minibus pour la frontière. Il faut savoir qu'en théorie, il est impossible d'obtenir un visa a la frontière, et que ceux qui y sont parvenus ont du attendre jusqu'à 11h a la douane, avec souvent un petit pot-de-vin pour finaliser tout ça.
Je me dirige donc vers le poste frontière en me demandant a quelle sauce je vais être mange et priant pour que ça passe. Le poste est plutôt désert. Trois pauvres voitures. Deux officiers. On me reçoit poliment. "Ah ! No visa !". Un des turcs prend mon passeport et va a l'autre bout voir un collègue syrien pendant que j'attends, un peu anxieux, et près a attendre des heures. Dix minutes plus tard, un douanier syrien arrive et me dit "Welcome to Syria!". Ouf ! Avant d'ajouter qu'il n'y a aucun moyen de me laisser passer et d'obtenir un visa ici. Aaaaaargh ! Il faut que j'aille a Antep, a quelques 200 bornes de la. Il est déjà 11h passe. Ça sent le roussi. Je repars tout penaud. Je me fais prendre en stop, puis fourre dans un minibus. Retour a la case départ. Un minibus pour Antep dans la foulée, un orage qui éclate, et je suis largue je sais pas pourquoi ni comment en pleine banlieue d'Antep (1 millions d'habitants quand même, c'est pas le village pittoresque!). Après une bonne demi-heure dans les bus locaux, je trouve enfin le centre-ville. Décidé a dormir ici cette nuit (assez d'emmerdes pour la journée), je crapahute sous la pluie a la recherche d'un hôtel pas cher. Chose faite. Je me pose.
Antep est réputée comme le summum de la gastronomie en Turquie, alors autant profiter de cet arrêt imprévu. Je me gave d'une bonne assiette de kebap et craque pour un gros morceaux de baklava a la pistache (http://fr.wikipedia.org/wiki/Baklava). On dit qu'ici on trouve les meilleurs baklavas du monde. Je sais pas pour le reste du monde, mais ceux la sont juste divins (j'en ai le goût qui me coule de nouveau dans la gorge rien que d'en parler). Tout ça me met un peu de baume au coeur.
A moi la Syrie...ou presque