Sur la route
A 13h, Sarah et moi prenons un bus pour Rekong-Peo. On se rend ensemble près de Darhamsala, dans le nord-ouest de l'Himachal Pradesh. La route est saccagée par les écroulements et l'on fait de nombreux slaloms entre les pierres échouées sur le bitume. Assis tout a l'avant, coté précipice, on peut apprécier l'aspect manège a sensation du trajet rythmé par de nombreux "Oooooh!", "Aaaaaah!" et autres "Putain de merde!". On arrive a destination a la tombée de la nuit et nous trouvons une chambre.
Réveil difficile a 5h30. On prend un bus pour Rampur. Le bus est assez luxueux dans son genre,avec des sièges confortables et large (et une seule personne par place), et même des ventilos. Première fois que je vois ça. La route prise a l'aller est fermée alors on passe par une route habituellement réservée aux véhicules qui vont et viennent de la centrale hydro-electrique. La route est etroite et congestionnée. On avance très lentement.
On arrive vers midi et tentons de trouver des informations pour savoir comment rejoindre Darhamsala. Naturellement, y'a autant de versions différentes que de personnes interrogées. Y'a un bus, y'a pas de bus, les routes sont bloquées, mais non elles le sont pas, y'a un nouvel itinéraire, c'est possible seulement en jeep, mais y'a pas de jeep...On est pas tellement aidé. En recoupant tout ça, on finit par croire qu'il y a un bus a 16h qui prend une route inhabituelle. On casse la croûte puis passons le temps sur internet, et dans les allées du bazar a faire du shopping.
De retour a la station de bus, j'aperçois une silhouette familière...Omrie ! On s'assied ensemble pour un thé en attendant le bus (il prend le même que nous). Sarah et lui se connaissent déjà. Sarah est sortie avec son grand frère ! Le monde est décidément petit, surtout quand on est israélien ! On se trouve une petite place dans le bus, plein comme un oeuf. Le voyage est long. Très long. Et très secoué. Exténuée, Sarah me dort dessus. Omrie somnole, la tête bringuebalée au rythme des a-coups du bus, qui se vide de ses passagers au fur et a mesure que les heures passent. Omrie finit par s'étaler sur la banquette arrière, malade et nauséeux. Moi, j'ai dépassé le stade ou la fatigue est telle que le sommeil est impossible. J'ai les yeux grands ouverts et l'impression d'être un père qui veille sur ses deux enfants, mis KO par le trajet. Arrêt nocturne au milieu de nulle-part. Sarah mange un thali devant les yeux ahuris d'Omrie, qui vient de vomir tout ce qu'il a dans le ventre. Il trouve malgré tout l'énergie de se dégoter du shit dans ce trou paumé. Encore quelques heures dans le bus quasi vide.
On arrive a Mandi a 1h du mat'. Mes jambes, écrasée sous le poids de Sarah (pourtant poids plume), s'étonnent d'être encore en état de marche, et remercient le seigneur de pouvoir se reposer un peu. On se pose sous un porche avec une trentaine d'indiens qui traînent et dorment la, attendant également un bus a cette heure impossible. Le spectacle est pas réjouissant, dans cette gare triste et glauque a souhait. Des familles entières dorment les uns sur les autres, au milieu des sacs et de cartons immenses, et le cul dans la poussière. Certains ont l'air franchement malades, d'autres franchement désoeuvrés. Des enfants traînent en haillons, abrutis de sommeil, ou pleurant de fatigue. Des clodos en forme de vieux sacs abandonnés dorment contre les murs. L'un d'entre eux interrompt le concert de toux grasses en se réveillant et gueulant je ne sais quoi a l'assemblée, qui l'ignore totalement. Seul un petit groupe de quatre sikhs tranche dans ce tableau désolant. Habillés impeccablement comme des sadhus élégants, ils se tiennent en tailleur, un léger sourire aux lèvres, avec une dignité sans faille. Les gens qui arrivent leur montrent des marques de respect qu'ils acceptent tranquillement. Omrie, dans un état assez lamentable, est le premier a partir, au bout d'une bonne demi heure. Il se rend a Kasol, dans la region de Kullu, haut-lieu de la culture du hash (et de sa consommation), du tourisme israélien, et accessoirement bel endroit pour faire des ballades en montagne.
Après une heure et demi d'attente, on se retrouve a courir après notre bus, arrivé en toute discrétion et hors de notre vue, avec plus d'une demi heure d'avance sur l'horaire qu'on avait du mal comprendre. Seule une chanceuse envie de pisser me fait le remarquer, sinon on était bon pour dormir la avec les clodos et les chiens errants. Bus pour Barampur. Nouvelle attente la-bas. Bus pour Darhamsala, et attente, encore, toujours. Il fait bien jour a présent. On se fait coller par une mendiante alors qu'on sirote un thé. Elle est très insistante et je perds mes nerfs. Je l'envoie chier comme une malpropre, ce pour quoi je m'en veux aussitôt. Peut-être un peu de fatigue, quand même.
Nouveau bus pour McLeod Ganj, ville du Dalai-Lama. J'ai un peu l'impression d'arriver a Disneyland. Y'a plein de monde, des tas de touristes venus des quatre coins du monde, chaque maison est une boutique, un restaurant, un hôtel, ou les trois a la fois. On fait un petit tour dans ces rues avant de prendre un auto-rickshaw pour Baghsu, petit village un peu plus haut. Shlomi, qui y était venu il y a quelques années, nous en avait parlé avec des étoiles dans les yeux comme d'un petit village tranquille et beau. On savait que ça avait du bien changé depuis, et c'est clair qu'ils y sont pas allé avec le dos de la cuillère, question développement. Ça déborde d'hôtels et de restaurants dans tous les coins. En périphérie du "village", se trouvent d'immenses complexes hôteliers en béton, ciblant la clientèle domestique, essentiellement, sinon exclusivement, des punjabis plutôt riches. Le reste est parsemé de guest-houses, restaurants, boutiques et lieux de méditations en tous genres, qui ciblent eux clairement leur clientèle presqu'entierement israélienne.
Après un peu de recherches, on se trouve un petit hôtel peinard, pas cher (100 Rs), avec une belle vue et un peu a l'écart du bordel ambiant. Ça fait a peu près 30 heures qu'on a passé sur les routes. Sarah fait une sieste. Moi, toujours sans sommeil, je me rends sur internet après une douche un et bon petit-déjeuner.
Réveil difficile a 5h30. On prend un bus pour Rampur. Le bus est assez luxueux dans son genre,avec des sièges confortables et large (et une seule personne par place), et même des ventilos. Première fois que je vois ça. La route prise a l'aller est fermée alors on passe par une route habituellement réservée aux véhicules qui vont et viennent de la centrale hydro-electrique. La route est etroite et congestionnée. On avance très lentement.
On arrive vers midi et tentons de trouver des informations pour savoir comment rejoindre Darhamsala. Naturellement, y'a autant de versions différentes que de personnes interrogées. Y'a un bus, y'a pas de bus, les routes sont bloquées, mais non elles le sont pas, y'a un nouvel itinéraire, c'est possible seulement en jeep, mais y'a pas de jeep...On est pas tellement aidé. En recoupant tout ça, on finit par croire qu'il y a un bus a 16h qui prend une route inhabituelle. On casse la croûte puis passons le temps sur internet, et dans les allées du bazar a faire du shopping.
De retour a la station de bus, j'aperçois une silhouette familière...Omrie ! On s'assied ensemble pour un thé en attendant le bus (il prend le même que nous). Sarah et lui se connaissent déjà. Sarah est sortie avec son grand frère ! Le monde est décidément petit, surtout quand on est israélien ! On se trouve une petite place dans le bus, plein comme un oeuf. Le voyage est long. Très long. Et très secoué. Exténuée, Sarah me dort dessus. Omrie somnole, la tête bringuebalée au rythme des a-coups du bus, qui se vide de ses passagers au fur et a mesure que les heures passent. Omrie finit par s'étaler sur la banquette arrière, malade et nauséeux. Moi, j'ai dépassé le stade ou la fatigue est telle que le sommeil est impossible. J'ai les yeux grands ouverts et l'impression d'être un père qui veille sur ses deux enfants, mis KO par le trajet. Arrêt nocturne au milieu de nulle-part. Sarah mange un thali devant les yeux ahuris d'Omrie, qui vient de vomir tout ce qu'il a dans le ventre. Il trouve malgré tout l'énergie de se dégoter du shit dans ce trou paumé. Encore quelques heures dans le bus quasi vide.
On arrive a Mandi a 1h du mat'. Mes jambes, écrasée sous le poids de Sarah (pourtant poids plume), s'étonnent d'être encore en état de marche, et remercient le seigneur de pouvoir se reposer un peu. On se pose sous un porche avec une trentaine d'indiens qui traînent et dorment la, attendant également un bus a cette heure impossible. Le spectacle est pas réjouissant, dans cette gare triste et glauque a souhait. Des familles entières dorment les uns sur les autres, au milieu des sacs et de cartons immenses, et le cul dans la poussière. Certains ont l'air franchement malades, d'autres franchement désoeuvrés. Des enfants traînent en haillons, abrutis de sommeil, ou pleurant de fatigue. Des clodos en forme de vieux sacs abandonnés dorment contre les murs. L'un d'entre eux interrompt le concert de toux grasses en se réveillant et gueulant je ne sais quoi a l'assemblée, qui l'ignore totalement. Seul un petit groupe de quatre sikhs tranche dans ce tableau désolant. Habillés impeccablement comme des sadhus élégants, ils se tiennent en tailleur, un léger sourire aux lèvres, avec une dignité sans faille. Les gens qui arrivent leur montrent des marques de respect qu'ils acceptent tranquillement. Omrie, dans un état assez lamentable, est le premier a partir, au bout d'une bonne demi heure. Il se rend a Kasol, dans la region de Kullu, haut-lieu de la culture du hash (et de sa consommation), du tourisme israélien, et accessoirement bel endroit pour faire des ballades en montagne.
Après une heure et demi d'attente, on se retrouve a courir après notre bus, arrivé en toute discrétion et hors de notre vue, avec plus d'une demi heure d'avance sur l'horaire qu'on avait du mal comprendre. Seule une chanceuse envie de pisser me fait le remarquer, sinon on était bon pour dormir la avec les clodos et les chiens errants. Bus pour Barampur. Nouvelle attente la-bas. Bus pour Darhamsala, et attente, encore, toujours. Il fait bien jour a présent. On se fait coller par une mendiante alors qu'on sirote un thé. Elle est très insistante et je perds mes nerfs. Je l'envoie chier comme une malpropre, ce pour quoi je m'en veux aussitôt. Peut-être un peu de fatigue, quand même.
Nouveau bus pour McLeod Ganj, ville du Dalai-Lama. J'ai un peu l'impression d'arriver a Disneyland. Y'a plein de monde, des tas de touristes venus des quatre coins du monde, chaque maison est une boutique, un restaurant, un hôtel, ou les trois a la fois. On fait un petit tour dans ces rues avant de prendre un auto-rickshaw pour Baghsu, petit village un peu plus haut. Shlomi, qui y était venu il y a quelques années, nous en avait parlé avec des étoiles dans les yeux comme d'un petit village tranquille et beau. On savait que ça avait du bien changé depuis, et c'est clair qu'ils y sont pas allé avec le dos de la cuillère, question développement. Ça déborde d'hôtels et de restaurants dans tous les coins. En périphérie du "village", se trouvent d'immenses complexes hôteliers en béton, ciblant la clientèle domestique, essentiellement, sinon exclusivement, des punjabis plutôt riches. Le reste est parsemé de guest-houses, restaurants, boutiques et lieux de méditations en tous genres, qui ciblent eux clairement leur clientèle presqu'entierement israélienne.
Après un peu de recherches, on se trouve un petit hôtel peinard, pas cher (100 Rs), avec une belle vue et un peu a l'écart du bordel ambiant. Ça fait a peu près 30 heures qu'on a passé sur les routes. Sarah fait une sieste. Moi, toujours sans sommeil, je me rends sur internet après une douche un et bon petit-déjeuner.
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