La Yazd attitude

Publié le par Jullian

Je me lève et goûte aux joies du petit-déjeuner au Silk-Road. Un banquet de fruits, fromage, beurre, pain, légumes, confitures, dattes, thé...et même du café ! A la cafetière ! Oooooh, un vrai bonheur. Lukas nous y rejoint, moi et les hollandaises. Son hôtel appartient au même propriétaire, qui en possède trois, tous en relation, alors on peut dormir dans un, manger dans l'autre, et aller gratuitement sur internet dans le troisième. On petit-déjeune pendant trois heures, la cafetière surchauffe. Le soleil est alors déjà au plus haut, le cadre et l'ambiance incite pas au départ, alors on reste glander l'après-midi, discutant, jouant aux cartes.


Dans l'après-midi,
avec Tineke, on part dans l'autre hôtel pour aller sur le net. A notre grande surprise, ici, on fume le qalyan. Partout en ville, la nouvelle loi est strictement appliquée. Pas un salon de thé a l'horizon. La, sur la terrasse couverte, a l'abri des regards, et en l'absence du patron, les employés fument la sheesha et partagent leur plaisir avec les touristes, tout en ayant un oeil a l'affût. Au diable internet, on se pose avec eux. Il n'y a pas grand-chose de plus relaxant qu'un bon narguilé a la pomme...
Un des serveurs est un cinéphile passionn
é et curieux, parlant anglais avec un accent américain (trop de films US, sûrement). Il m'épate en me parlant de cinéma français, grand fan de Vincent Cassel, de "Sur mes lèvres" et "L'appartement" en particulier. Il est intarissable sur le sujet, les yeux pétillants de bonheur a l'évocation de tel ou tel film. Son enthousiasme fait plaisir. Il ne semble pas traîner derrière lui, comme beaucoup d'iraniens, un gros boulet de tristesse et de désabusement. On repassera le soir, quand les derniers clients seront partis.


Vers 18h, la chaleur est moins forte, la lumière plus belle pour les photos, mon énergie rassemblée, alors je sors voir un peu a quoi ressemble cette ville.
Je m'enfonce et me perds dans la vieille ville, au coeur de laquelle se trouve l'hôtel.


Je me perds avec délice dans les dédales des ruelles, aux murs de terre ocre magnifi
és par la lumière chaude et rasante de la fin de journée.


J'avance dans le bazar couvert, déserté. Havre de fraîcheur (Yazd est située au milieu du désert, faut pas l'oublier) a la couleur tamisée, travers
é par des faisceaux lumineux venant du toit.


En pleine frénésie photographique, je tombe sur Sarah et Samuel, un couple de français qui ont été mes voisins de dortoir pour une nuit a Isfahan. Ils m'emmènent dans leur hôtel de luxe, le Mehr Hotel. Ils ont atterri la par hasard. Ils ne voulaient même pas prendre de chambre mais la réception a insist
é. Du coup, Sarah a fait jouer son sens de la négociation (elle est d'origine libanaise, ça explique pas tout mais ça joue peut-être) et fait tomber le prix de 60 a 20 $. La réceptionniste est au téléphone avec la patronne : "Elle est libanaise ?! ... OK alors c'est bon pour 20 $". Du coup, ils ont une chambre merveilleuse, superbement meublée, aux fenêtres-vitraux multicolores qui installent une ambiance féerique dans la pièce. Une chambre de lune de miel. Ils sont aux anges.

Ils me font visiter le gros bagdir de l'hôtel. C'est une tour a vent qui s'élève au-dessus des toits, captant la moindre brise de vent, la faisant descendre et traverser de l'eau, par un mécanisme qui m'échappe. L'air frais rentre alors dans la maison alors que la chaleur est évacuée. Une climatisation traditionnelle, ancestrale et écologique. Y'en a partout sur les toits.
On boit le thé dans la cour avant d'être interrompue par une équipe de télévision qui vient faire une émission spéciale dans l'hôtel. Bizarrement, la réceptionniste se transforme en caméra-woman, souriant derrière sa grosse caméra, casque sur les oreilles. En voila de la polyvalence ! On regarde un peu le déroulement ennuyeux de l'émission, puis ils viennent manger avec moi, en compagnie de Lukas, Tineke et Noortje. Ils s'éclipsent après leur repas, désireux de profiter de leur petit nid.


Le moment est venu d'aller chercher notre qalyan du soir. Les clients du restaurant sont partis, le service est fini, le calme revenu, on va pouvoir fumer pépère. Cette fois, on est toute une colonie, avec les hollandaises, Lukas, un couple de chinois et autre hollandais, Bastian, lui aussi étudiant en farsi. Le serveur nous installe dans un coin tranquille et ramène trois qalyans qu'il recharge de temps a autre.
Soirée forcement d
écontract'.

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Publié dans IRAN

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