John du Kentucky : épilogue
Court silence a la fin de son histoire.
"Wow, John, ça c'est une histoire terrible.
- Je l'ai pas raconté a beaucoup de monde, vous savez..."
José lui demande comment a réagi la famille de son pote.
"Ben, ils ont voulu venir voir sa tombe. Je leur ai dit que c'était pas possible. Mais ils étaient très religieux, le père missionnaire et tout. Il fallait absolument qu'ils voient la tombe. Je leur ai dit que c'était impossible dans cette jungle. Le père m'a même suivi au Panama, m'a payé l'avion pour y aller, mais c'était pas faisable. Il voulait après que je prenne une photo et que je l'envoie...J'ai toujours eu du mal avec cette famille, je les aimais pas vraiment. Mark était différent, c'était mon meilleur ami, et il pensait pas comme eux, qui étaient extrêmement religieux."
Silence de nouveau. J'offre une tournée. José préfere aller se coucher.

"C'est horrible a dire, mais aussi terrible que soit ton histoire, je la trouve excitante. Elle donne envie de voyager...
- Ben tu sais, c'est comme ce que je me disais quand il est mort. Je me disais, après tout, mon pote, t'as eu ce que t'as voulu. Tu voulais voyager et ça en fait partie, du voyage.
Y'a quelques années, je suis passé par la fameuse crise de la cinquantaine, quand tu te retournes et que tu vois que toutes tes meilleures années sont derrière toi. Que tu te demandes "Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ?". Je voulais pas me retourner et réaliser que toute ma vie je l'aurai passé derrière un bureau, avec un patron que je déteste, pour finir par mourir d'un cancer ou d'une crise cardiaque en me disant que j'ai rien fait de ma vie. Il faut partir sans regret."
Sa famille, ses amis, n'ont jamais compris pourquoi il n'avait pas suivi la route normale, pourquoi comme eux il ne s'était pas trouvé un travail, une femme, avec qui il aurait fondé une famille et acheté une maison. Pourquoi il a fallu qu'il parte, loin, et devienne, pour toujours, un voyageur, un vagabond sans foyer ni famille. Un ami lui dit :
"Ah ! Si j'étais pas marié a Marie-Sue, j'irai bien avec toi au bout du monde".
Et John de penser :
"Mais pourquoi tu n'es pas venu alors ? Hein ? J'ai commencé a voyager bien avant que tu la rencontres, mais tu n'es pas venu pour autant."
John dit que tous les hommes, derrière leur petit bureau, au fond d'eux-mêmes, ils se croient, se voient comme des aventuriers. Ils se pensent comme le Marlboro Man de la célèbre pub. Un cow-boy, libre, indépendant. Les circonstances auront fait que ceci, que cela, leur vrai destin aura été empêché, avorté. Mais c'est bien eux qui ont fait le choix de la sécurité, un choix poussé par la peur. A ceux qui disent qu'ils aimeraient bien voyager comme toi, demande leur ce qu'ils attendent, dis-leur que rien ne les en empêche. Il suffit de le choisir, de se lancer, de le vouloir vraiment.

"Dans quelques jours, je pars pour Doha, juste parce que j'y suis jamais allé. Je pense que y'a rien a faire la-bas, rien a voir. Et puis pas de femmes, pas d'alcool...quel ennui. Mais je pourrais barrer cet endroit d'une croix. Il me reste plus que des îles, qui se ressemblent toutes en fin de compte. Deux cocotiers, la mer, des vahinés... A quoi bon ? Ces dernières années, j'ai un peu laisser tomber cette histoire, et je passe le maximum de temps dans les endroits que j'aime, a profiter de la vie. L'Asie ! L'Asie, c'est la qu'il faut vivre. L'Asie du sud-est, l'Indonésie, les Philippines. Tout ce qu'un homme peut attendre de la vie se trouve la. Pourquoi s'acharner pour aller au Comores, a Vanuatu ? Qu'est-ce que j'y perds si j'y vais pas ?
[...]
- Ça pourra te faire une belle épitaphe : "Je suis jamais allé a Vanuatu".
"Wow, John, ça c'est une histoire terrible.
- Je l'ai pas raconté a beaucoup de monde, vous savez..."
José lui demande comment a réagi la famille de son pote.
"Ben, ils ont voulu venir voir sa tombe. Je leur ai dit que c'était pas possible. Mais ils étaient très religieux, le père missionnaire et tout. Il fallait absolument qu'ils voient la tombe. Je leur ai dit que c'était impossible dans cette jungle. Le père m'a même suivi au Panama, m'a payé l'avion pour y aller, mais c'était pas faisable. Il voulait après que je prenne une photo et que je l'envoie...J'ai toujours eu du mal avec cette famille, je les aimais pas vraiment. Mark était différent, c'était mon meilleur ami, et il pensait pas comme eux, qui étaient extrêmement religieux."
Silence de nouveau. J'offre une tournée. José préfere aller se coucher.

"C'est horrible a dire, mais aussi terrible que soit ton histoire, je la trouve excitante. Elle donne envie de voyager...
- Ben tu sais, c'est comme ce que je me disais quand il est mort. Je me disais, après tout, mon pote, t'as eu ce que t'as voulu. Tu voulais voyager et ça en fait partie, du voyage.
Y'a quelques années, je suis passé par la fameuse crise de la cinquantaine, quand tu te retournes et que tu vois que toutes tes meilleures années sont derrière toi. Que tu te demandes "Qu'est-ce que j'ai fait de ma vie ?". Je voulais pas me retourner et réaliser que toute ma vie je l'aurai passé derrière un bureau, avec un patron que je déteste, pour finir par mourir d'un cancer ou d'une crise cardiaque en me disant que j'ai rien fait de ma vie. Il faut partir sans regret."
Sa famille, ses amis, n'ont jamais compris pourquoi il n'avait pas suivi la route normale, pourquoi comme eux il ne s'était pas trouvé un travail, une femme, avec qui il aurait fondé une famille et acheté une maison. Pourquoi il a fallu qu'il parte, loin, et devienne, pour toujours, un voyageur, un vagabond sans foyer ni famille. Un ami lui dit :
"Ah ! Si j'étais pas marié a Marie-Sue, j'irai bien avec toi au bout du monde".
Et John de penser :
"Mais pourquoi tu n'es pas venu alors ? Hein ? J'ai commencé a voyager bien avant que tu la rencontres, mais tu n'es pas venu pour autant."
John dit que tous les hommes, derrière leur petit bureau, au fond d'eux-mêmes, ils se croient, se voient comme des aventuriers. Ils se pensent comme le Marlboro Man de la célèbre pub. Un cow-boy, libre, indépendant. Les circonstances auront fait que ceci, que cela, leur vrai destin aura été empêché, avorté. Mais c'est bien eux qui ont fait le choix de la sécurité, un choix poussé par la peur. A ceux qui disent qu'ils aimeraient bien voyager comme toi, demande leur ce qu'ils attendent, dis-leur que rien ne les en empêche. Il suffit de le choisir, de se lancer, de le vouloir vraiment.

"Dans quelques jours, je pars pour Doha, juste parce que j'y suis jamais allé. Je pense que y'a rien a faire la-bas, rien a voir. Et puis pas de femmes, pas d'alcool...quel ennui. Mais je pourrais barrer cet endroit d'une croix. Il me reste plus que des îles, qui se ressemblent toutes en fin de compte. Deux cocotiers, la mer, des vahinés... A quoi bon ? Ces dernières années, j'ai un peu laisser tomber cette histoire, et je passe le maximum de temps dans les endroits que j'aime, a profiter de la vie. L'Asie ! L'Asie, c'est la qu'il faut vivre. L'Asie du sud-est, l'Indonésie, les Philippines. Tout ce qu'un homme peut attendre de la vie se trouve la. Pourquoi s'acharner pour aller au Comores, a Vanuatu ? Qu'est-ce que j'y perds si j'y vais pas ?
[...]
- Ça pourra te faire une belle épitaphe : "Je suis jamais allé a Vanuatu".
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