Un avant-goût de l'enfer

Publié le par Jullian

Aqaba, ville balnéaire au bord de la Mer Rouge, est une cité sans charme ou règne une chaleur intolérable. 35 degrés a 22h, alors que la nuit est tombée depuis deux bonnes heures. Ça peut dépasser les 45 degrés a l'ombre en journée. C'est vraiment très dur, étouffant. Se ballader dans les rues devient comme un jeu, en pas drôle, ou il s'agit de marcher au maximum a l'ombre des bâtiments. La chaleur est telle qu'ici, tout avance au ralenti, même mon cerveau. Comment marcher en dépensant le moins d'énergie, en suant le moins possible ? Quand on met le nez dehors, ça fait le même effet que quand on ouvre un four, on est agressé par cette bouffée de chaleur. Sauf qu'ici, y'a pas moyen de refermer la porte du four, et on doit s'habituer a se promener a l'intérieur. Un véritable avant-goût de l'enfer.


La-bas, je tombe sur Steve, le québécois rencontré lors du coucher de soleil sur les les hauteurs de Petra. Il est atterré, souffrant en râlant a l'ombre d'un arbre. Il n'attend qu'une chose, c'est de quitter cette ville de malheur. Les deux sino-canadiennes qui l'accompagne restent une heure et repartent vers le Nord. Steve, lui, va se bunkeriser dans sa chambre d'hôtel avec air-conditionnée au maximum, frigo et TV-satellite.
On se retrouve le soir et on va manger un bout. Il me traîne ensuite boire une bière a 4 euros dans un bar chic et triste, avant de finir dans un club/bar tout aussi déprimant, et peuple d'une vingtaine d'écossais complètement beurrés, échoués en Jordanie par je ne sais quel miracle, quelle erreur de parcours. Ils se déhanchent comme des traînées sur les tubes de Christina Aguilera, Britney Spears et d'autres. Certains, assez laids et gros en plus, se retrouvent torse-poil a se frotter les uns aux autres sur la piste. Vraiment pitoyable. Je me demande ce que je fous la et laisse en plan Steve, dont la conversation m'ennuie de toute façon.

Il voyage beaucoup, mais dans un état d'esprit tout a fait différent. Il veut atteindre les 25 pays visités avant ses 25 ans, dans quelques mois. Du coup, on dirait qu'il expédie des pays, juste pour gonfler ses chiffres. Il est tout fier d'être passé en Irak, dans le Kurdistan, au Nord du pays, et de me montrer une photo de lui a la frontière avec le panneau "Irak". Je veux bien mais a quoi bon, surtout pour deux jours. Le pire, c'est que ça semble a la mode chez les américains et certains canadiens.
Je retombe sur lui le lendemain soir, au cyber-café climatisé, mais prétexte avoir d'autres chats a fouetter. Je le laisse alors qu'il joue depuis des heures a World of Warcraft (un jeu vidéo pour ceux qui seraient complètement largués). Je crois que ça nous arrange autant l'un que l'autre d'en rester la.
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Publié dans JORDANIE

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