Maudits français !

Publié le par Jullian

Je retrouve mes profs stambouliotes au petit-déjeuner, en compagnie d'Anne et Caroline, mère et fille en vacances. La colonie de touristes hollandais se transforme a Yazd en colonie française, semble t'il. Tous les jours de nouveaux français. J'en évite soigneusement certains, profondément ennuyeux, des raseurs genre "Tu t'es vu quand t'as bu de l'eau". Débitant des histoires sans intérêt et sans conviction réelle, déblatérant des faits d'histoire, d'architecture qu'ils ont lu dans leur guide ou tel autre bouquin potassé avant de partir. Certains lisent tout haut et avec grand sérieux des passages interminables de leur lecture du moment, ou l'auteur a si bien senti et décrit ce qu'est l'Iran et blablabla. On se croirait a un cocktail mondain, j'ai envie de me pendre. J'arrive pas bien a expliquer ce qui me dérange, a mettre le doigt dessus. C'est leur façon d'être. Heureusement que je suis pas a leur table. La peine de mort devrait être rétablie pour tous ces barbants, ces voyageurs fastidieux et insipides qui viennent m'embêter jusqu'à l'autre bout du monde, et dans ma propre langue ! Je sais pas si les autres nationalités ont ce type de pénibles en stock, mais par moment, je hais ces maudits français.


Heureusement, mes quatre français sont loin de tout ça, plus peinards, et ne manquant pas, eux, de légèreté, d'humour et de conversation. Caroline est aussi prof (je présente mes excuses a la profession pour mes a priori infondés, mea culpa) de français pour les étrangers a Bordeaux. Sa fille Anne est dessinatrice, étudiante (ou était je sais plus) aux beaux-arts, et d'après le peu que j'en ai vu et ce que mon flair me dit, elle est vraiment douée. La petite bande BD que j'ai vu possédait une écriture, un trait et un ton léger et simple, ce qui de mon point de vue d'amateur, me semble être ce qu'il y a de plus dur a atteindre.


Bref, cette agréable compagnie est complétée par l'arrivée de Lukas et Alistair, toujours partants pour changer le monde pendant des heures, des le matin, a coup de litres de cafés. Petit a petit, chacun part en visite, en ballade. Alistair et moi, toujours les mêmes, nous enlisons sur place.


Il est 16h quand on se décide a se perdre une nouvelle fois dans la vieille ville. Je me lasse pas de ces ruelles, de ces lumières. La vieille ville s'étend sur des kilomètres et j'aimerai en connaître le moindre recoin.


Il y a des choses a visiter, des petites expéditions a faire en bordure de ville ou dans la région environnante, mais je n'ai pas l'envie d'y aller. Je suis parfaitement heureux avec mes errances sans but dans ce labyrinthe qui m'entoure.


Retour au bercail. Hervé, Hermine, Caro et Anne sont en pleine discussion avec un iranien, Massoud, a propos de l'organisation d'un trip dans le désert. Ils m'expliquent le plan : deux jours de marche dans le désert, une nuit a la belle étoile, un désert sal
é. C'est tentant et pas trop cher. Massoud a l'air sympa et parle anglais couramment. J'hésite pas longtemps et me joins a eux. Départ dans deux jours a 4h du mat'.

Notre petite bande de français allons voir le coucher de soleil sur la ville en montant sur les toits. J'invite Alistair a nous suivre. Il traîne sa misère et son mutisme a l'écart, pensant a je ne sais quoi, ou peut-être simplement défoncé, car j'ai appris plus tard par Lukas qu'il était pas redescendu de son nuage de beuh depuis des mois. On reste assis la-haut un petit moment, regardant la ville prendre de nouvelles couleurs et s'illuminer petit a petit.

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Publié dans IRAN

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