"Il reste une place en dortoir ?
-Bien sur, pour toi, toujours, Jullian."
Wow, ça c'est un accueil qui fait chaud au coeur. J'ai l'impression de revenir a la maison. L'hôtel est super calme. Pas un chat a l'horizon. Ahmed, le réceptionniste, me dit que justement c'est bien. En ce moment, y'a 37 personnes, dont deux grands groupes, alors il savoure. Pour marquer le coup, il sort une bouteille de Scotch et m'en offre un verre. Ça me descend comme du velours le long de la gorge. A ce moment, une bande mixte de russes arrivent chargés de fruits frais qu'ils posent sur la table. J'en profite un peu et me met a écrire.
Un moment plus tard, Sabah débarque avec un pote, pour dire bonjour au staff. Elle tombe sur moi, qui ne sait pas trop ou on en est depuis la dernière dispute. Mais j'ai pas le temps de me poser des questions. Elle crie de surprise et me saute a moitié dessus, me demandant des nouvelles. Une vraie tornade. Apparemment, il n'y a plus de problème entre nous...Elle me raconte sa semaine, pense a un moment a me présenter Jimmy, un français qui étudie aussi a Amman pour deux mois, également intéressé par les réfugiés. Sabah a quitté l'hôtel, laisser tomber l'ONG qui devait la faire travailler, et vit maintenant dans un immeuble de l'Alliance Francaise qui loue des chambres pour pas cher. Elle doit encore se trouver une nouvelle ONG donc tout n'est pas parfait mais elle parait bien bien plus relax a présent, et c'est pas une mauvaise chose...Elle m'entraîne avec Jimmy dans leur immeuble, dans un autre quartier, Jebel Amman. Elle me fait faire le tour du propriétaire, avec salles de recherches, bureaux, bibliothèques, ordis, cuisines... C'est vraiment un super endroit et je comprend qu'elle s'y sente bien. Elle me fait a manger, et je peux même me permettre de lui faire des blagues sexistes sur bobonne qui fait a manger sans me faire incendier. Peinard. Elle a vraiment changé. Jimmy est décidé a étudier et nous laisse en pleine conversation. Finalement, on se décide a sortir dans un bar qu'elle connaît. La jeunesse branchée s'y retrouve. Femmes et hommes mélangés, en couple, en groupe, draguant ou non. C'est un tout autre monde que celui du centre d'Amman. On s'installe avec quelques litres de bières et un narguilé, discutant, observant depuis la terrasse extérieure. Le bar s'apprête a fermer, vers 3-4h, quand on fait la connaissance d'un palestinien, d'une palestinienne, et d'une germano-syrienne. Ils nous emmènent dans leur appartement communautaire, ou quelques activistes bien sympas sont occupés a boire et fumer. Sabah essaie de les lancer sur la politique, la résistance, mais c'est peine perdue, elle se fait remettre a sa place pour son excès de sérieux (quel plaisir...), ce soir c'est fiesta. On reste avec eux jusque 5-6h, et on se met a faire du stop dans la ville endormie, ne sachant même pas ou on est. Une bande de palestiniens en vadrouille nous prend. Rap a plein volume, conduite a la Sami Naceri, ils nous déposent devant l'appart en deux secondes, a la vitesse de mach 3. On y ramasse un Jimmy fatigué qui a bossé toute la nuit et on va en ville manger un bout a l'ouverture des restaurants. La fatigue nous tombe dessus comme un bon coup de massue. Chacun retourne a son lit.
Sauf moi, car l'imbécile fini qui partage mon dortoir a fermé la porte a clef et l'a laissée dans la serrure. Ce mec dort quasiment 24h/24, ne sort de sa chambre qu'une fois par jour pour aller chercher a manger. Et la, y'a pas moyen de le réveiller. Probablement tout l'hôtel m'a entendu tambouriner sur la porte, gueuler son nom, mais pas cet empaffé. Je m'endors sur le canapé de la réception, me réveillant deux heures plus tard au milieu des touristes qui prennent le petit-dej. Nouvelle tentative a ma porte. Un zombie m'ouvre enfin. Je lui gueule dessus comme un putois, prend la clef avec moi. Il retourne se coucher sans sortir un mot. Pauvre con !








On se décide tous a passer la nuit a la belle étoile. On part avec matelas
et couverture sous le bras a la recherche du bon endroit. A part Richard et moi, tout le monde a l'air de vouloir dormir au sommet d'un rocher. Bon, pourquoi pas, on suit le mouvement. Ce
sera mieux a plusieurs et le réveil sur les hauteurs peut être sympa. Une fois la-haut, avec une vue imprenable sur le désert, je galère a trouver mon spot, tourne en rond avec mes affaires
sous le bras. Pas assez plat, trop venteux... Je finis par me poser mais je suis pas encore au paradis. Or, je vais pas dormir souvent a la belle étoile dans le désert, alors ça doit être
parfait. Une heure plus tard, mal a l'aise, je reprend tout mon barda et redescend. Je m'installe sur une dune plus loin, et la le sourire du gars heureux surgit sur mon visage. Un ciel fabuleux,
la musique adéquate, les pieds dans le sable, tout va bien. La nuit est fraîche, mon sommeil léger, mais pas de quoi gâcher ce moment.





























Derniers Commentaires