Bus pour Chandigarh

Publié le par Jullian

A la gare routière, je me fais aider dans mes recherches pour le prochain bus par un indien qui vit au Texas. Ces dernières années de vie aux Etats-Unis l'ont un peu rouillé. Lui aussi est un peu paumé et doit batailler ferme pour dénouer le vrai du faux, dénicher les bonnes infos. Apparemment, le prochain bus est dans deux heures. On va attendre plus loin, sur des bancs, et on discute. Il bosse dans le pétrole, dans une compagnie ou son grand-père est haut-placé. Il dit gagner 10 000 $/mois et avoir une maison et une voiture a disposition. Il a pas l'air de raconter des cracks, mais de toute façon, passé un certain nombre de zéros, tout me parait invraisemblable. Il a une maison a Chandigarh, ou vivent aussi ses amis. Il est fier de sa ville, de l'ordre, de l'absence d'embouteillage surtout, et du fait qu'on puisse conduire tranquillement sans finir la journée au volant d'une compression de César. Il loue le calme et la propreté de Chandigarh, et s'extasie du fait que la ville soit devenue non-fumeuse. Une ville indienne ! Non-fumeuse ! C'est juste invraisemblable, s'exclame t'il. Tout ça, ça me donne pas des masses envie.
Il a le bon sens d'aller vérifier les bus une heure plus tot que pr
évu. Un bus est la, prêt a partir. Je quitte enfin Delhi et reprend la route, c'est agréable.
Les seules autres touristes du bus sont deux françaises dont j'ai oubli
é les noms (oups). Elles viennent de passer deux mois dans une ONG, dans le cadre d'un stage pour leurs études d'agro-bio-écolo-politico et un autre truc que j'ai zappé. Il leur reste encore un peu de temps en tant que touristes, mais elles ont hâte de rentrer. Elles en ont marre. C'est leur premier grand voyage et elles semblent être un peu perturbées. Trop de choses les ont dégoûté, révolté, énervé. Elles semblent particulièrement a bout a propos du comportement des hommes indiens, de vrais porcs, des obsédés. Elles ne comptent plus les pincements de fesses et même de seins, par des adultes comme par des enfants. Elles racontent les discussions interminables et imposées, avec pour seul but de leur serrer la main en partant, d'avoir un contact. Et les séances photos ou tout le monde fait la queue, parce que chacun veut sa photo avec la touriste. Pour le coup, c'est hommes et femmes, mais les hommes sont bien contents de mettre leurs bras autour d'elles pour la pose. Elles sont dégoûtées et vaut mieux pas les faire chier en ce moment. Le prochain qui leur pince les fesses risque de se retrouver avec un trou a la place du visage. Je passe la soirée avec elles et décline la proposition de soirée picole avec les amis de mon magnat du pétrole. Je passe la nuit dans un dortoir de 20-25 lits remplis d'indiens. J'ai l'impression d'être a l'armée du Salut ou un refuge quelconque, mais je trouve malgré tout le sommeil. Finies les insomnies de Delhi.

Publié dans INDE

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