Fuir Delhi

Publié le par Jullian

Encore quatre jours supplémentaires au Vishal Hotel, ou je fais maintenant partie des meubles. Quatre jours a me remettre d'aplomb du mieux que je peux, et a écrire, bien sur. Petit a petit, j'émerge, revient a la vie, au social. Je commence a m'arrêter pour papoter avec les jeunes employés de l'hôtel, au lieu de répondre a leurs questions sans vraiment ralentir, comme avant. Je suis plus léger, plus cool, plus souriant. Je lis énormément et ça me nourrit.

Le bouquin d'Orwell est un modèle de journal de "voyage" et d'écriture. Sa précision, sa concision sont admirables. Un style inatteignable pour mon cerveau alambiqu
é, mais très inspirant. Je dévore ensuite "Catch 22" de Joseph Heller qui, lui, pour le coup, pourrait être mon maître, mon gourou en matière d'esprit tordu, d'humour noir, de satire et de sarcasme, d'absurde, de délire, de rires désespérés, de style flamboyant, ludique et surréaliste. Chaque page est un délice. La compagnie de ce livre me rend heureux, me donne de l'énergie et de l'envie.

Je rencontre aussi pour la deuxième fois Christian, qui revient sur Paharganj après quelques jours décevants au Rajasthan. Il repart le même jour pour le Nepal. On ne parle ensemble qu'une heure ou deux, mais j'apprécie sa compagnie et ça finit de me remettre sur les rails. Plus de deux semaines passées ici, j'ai besoin, enfin !, de bouger. La foule et le chaos de Delhi est idéal pour les solitaires, pour être anonyme, invisible. J'ai maintenant besoin de rencontres donc de fuir cet endroit.


Je vais pour réserver une place dans un train pour Chandigarh, au Nord de Delhi, mais tout est complet ou annule. Ne reste que les compartiments ou on monte sans réservation, les compartiments du pauvre, le lieu de toutes les folies. On m'en a déjà donn
é une bonne description. Tout le monde qui se jette sur les wagons comme des affamés, les bousculades, les jeux de coude, les coups, les engueulades, les passagers qui s'entassent comme de la marchandise au milieu des sacs, valises, cartons, cageots, animaux. Plus un centimètre cube de libre dans le wagon et les indiens essaient encore et toujours de se faire une place, s'accrochant au wagon, aux portes, aux fenêtres. Les contrôleurs passent alors avant le départ et décrochent ces acharnés a grands coups de bâtons. J'espère bien être témoin de cette folie un jour, mais je sais bien que c'est pas pour moi, la, maintenant. A regret, j'opte pour le bus.

Publié dans INDE

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