Voyageur au bord de la crise de nerfs

Publié le par Jullian

J'arrive a Mashad a 5h30 et me rends près du Mausolée pour y trouver un hôtel. On croirait pas qu'il est si tôt car les rues sont déjà (encore, toujours...) noires de monde. Les boutiques sont déjà (encore, toujours...) ouvertes, ça se bouscule, les familles se promènent, font leurs courses, mangent. Des pèlerins vont ou viennent du Mausolée. C'est la kermesse ici !


Couillon comme je suis, je me pointe la un jeudi matin, veille de week-end, donc pire moment de la semaine (mais je doute fort qu'il y ait des jours creux a Mashhad). Les hôtels aux abords du mausolée sont complets. Ceux qui sont plus éloignés aussi. Partout les mêmes enseignes pour des hôtels qui louent des appartements (et visent ainsi les familles). Presque tous les hôtels sont luxueux (trop luxueux pour moi en tous cas). Je peux toujours chercher si j'espère trouver un quartier backpackers dans le coin. J'en essaie quelques dizaines (oui, j'ai bien dit quelques dizaines), sans me soucier qu'ils soient luxueux ou pas - tout ce que je veux, c'est me coucher - mais ils sont tous, absolument tous complets.

La ville est immense en plus, et je fais des kilomètres et des kilomètres au milieu de la foule, écumant les moindres recoins. J'en ai plus qu'assez, je suis harass
é, au bord de l'épuisement, mes sacs me scient les épaules et mes pieds souffrent le martyre. En bonus, Mashhad est la ville la plus puante que j'ai visitée jusqu'ici, bien pire que Teheran. Des odeurs nauséabondes m'agressent de toutes parts. Je crapahute depuis deux heures, je hais déjà cette ville, je la hais de tout mon être, je la vomis, je veux me barrer au plus vite. Je suis au bord de la crise de nerfs, a deux doigts de m'écrouler dans un coin et de pleurer pour de bon.

Pour me calmer, je fais la queue a la boulangerie pour du pain sucr
é du matin (y'a que 3 pains en Iran, a 3 moments de la journée) pour lequel je paie la taxe touriste mais je m'en fous. Je me trouve un banc, sort mon miel de dattes, en asperge mon pain, et ce doux nectar sur ce bon pain qui sort du four me calme un peu. Je me pose la 20 mn, mangeant et réfléchissant a la suite.

Le Lonely Planet parle d'un bon hôtel excentr
é que je n'ai pas essayé. C'est 20 $ mais de toute façon y'a pas vraiment moins cher ici. Je me paie un taxi pour y aller parce que je suis plus capable de tenir debout. Je me pointe a la réception en me disant que c'est mon dernier espoir, ma dernière chance. "Désolé, on est complet". Encéphalogramme plat. Je sais plus quoi faire. Il rajoute qu'il y a un autre hôtel pas trop loin que je pourrais essayer. J'y vais sans trop y croire mais Miracle ! Ils ont une chambre.
"C'est 20 $ la nuit.
- Ça roule.
- Mais comme la il est 8h30, si vous voulez y aller maintenant, il faudra payer 10 $ pour la demi-journée
- Mais bien sur ! Et ta soeur ?!"
Je râle bien mais en essayant de me contrôler (après tout, je suis prêt a lui donner mon porte-feuille, ma carte de crédit et tout ce qu'il veut pour un lit, donc vaut mieux pas l'insulter) et il revient a la raison. Belle chambre, salle de bain, télévision, frigo, et un grand lit sur lequel je m'écroule et dors comme une souche.

Publié dans IRAN

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