L'ami polonais

Publié le par Jullian

Retour a l'hôtel. Une baisse de moral généralisée s'abat sur moi. Je m'isole dans mon dortoir, siestoune un peu, me promène en solitaire avec casque sur les oreilles.

Le soir, Lukas prend un train de nuit pour Teheran. Il a droit a deux ou trois jours d'absence injustifiées et il vient de les prendre. Il est temps de rentrer. J'attends avec lui jusque pas d'heure. C'est le premier a partir de notre pitite bande de Yazd. J'avais eu un bon feeling avec lui a Teheran mais on s'était peu vu. Une semaine en sa compagnie a plus que confirm
é le bien que je pensais de lui. Avec lui, les discussions les plus stupides comme les plus profondes atteignent un haut-niveau.



On passera des heures a discuter de l'Iran, pays qu'il avait absolument adoré 2-3 ans plus tôt, ce qui l'avait poussé a revenir y étudier le farsi et le pays par la même occasion, dans le cadre de ses études d'anthropologie de la culture. Pour lui, la désillusion est totale et violente. Que ce soit le pays qui ait changé ou sa vision qui s'est approfondie, le résultat est le même : l'Iran n'est plus ce pays fabuleux. La proportion de gens et de choses insupportables est telle que ça gâche tout.

Il me parle de tous ces gens qu'il a rencontr
é et qui, a partir du moment ou leur relation dépasse les présentations d'usage, l'exotisme de parler a un étranger, derrière ne reste plus que de la tristesse, un désintérêt pour ta personne (finalement, on est pas différents, et certainement pas exceptionnels), et une absence de conversation d'un vide sidéral. Il est dégoûté de cet état des choses. Il remet le couvert régulièrement avec de nouvelles rencontres, mais en revient toujours déçu.


Ne reste que quelques bonnes photos, car il est photographe, semi-professionnel, et plutôt bon avec ça le salaud ! Voir son travail me motive encore davantage et m'inspire. Il a encore une bonne longueur d'avance et surtout une toute autre rigueur, mais je sens qu'en bossant bien, je peux combler l'écart et faire du travail d'aussi bonne qualité.
son site

Lukas me propose qu'on se retrouve a Mashhad le week-end prochain. Ma baisse de moral me pousserai plutôt a changer d'air et partir au plus vite vers l'Inde. Le plan Garmeh est a l'eau et Mashhad, c'est une longue route pour un mausolée que je suis même pas sur de pouvoir visiter, en tant que non-musulman. Je promets rien mais on se retrouvera a Teheran de toute façon.

Publié dans IRAN

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