Expédition dans le désert I : le colosse aux pieds d'argile

Publié le par Jullian

L'ambiance d'hier était sympa et la soirée s'est traînée jusque tard. Je ne tombe dans les bras de Morphée que vers 1h du mat'. Mon sommeil est léger, trop excité sans doute. Caroline me sort de ma somnolence sans difficulté, il est plus que temps que je me lève.
4h du matin, c'est le branle-bas de combat. On quitte l'hôtel plong
é dans le noir, la tête dans le cul et sans le moindre petit café dans le bide (ces derniers temps, je tournais a sept cafés par petit-dej, le sevrage est radical). On s'arrête a un autre hôtel, ou on ramasse trois polonais taciturnes, puis le fameux "Roi du désert", le dénommé Akhbar. Pour compléter l'équipe, il y a Hossein, un ami de Massoud qui a sauté (et hop !) sur l'occasion pour découvrir le désert. Tout ce beau monde installé dans le minibus, on roule vers Fahraj, a une heure de la. On avale ce qu'on s'est acheté la veille pour le petit-déjeuner (biscuits, jus de fruits). Le voyage est silencieux, certains essaient de décoincer quand d'autres essaient de dormir.


On s'arrête enfin a une petite gare perdue au milieu de nulle-part, notre porte d'entrée pour le désert. Petit quiproquo : on était pas censé acheter notre propre flotte, malgré ce qu'on avait compris. Du coup y'en a beaucoup trop. "C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, la la la la la la la". Parce que bizarrement, on laisse rien derrière nous ou dans le minibus. Chacun en rajoute dans son sac, en particulier Massoud et son pote Hossein. Et tout le reste, c'est le pauvre Akhbar qui se le tape. Une vingtaine de kilos dans un pauvre sac pas adapt
é a se trimballer sur le dos. Même a demi-réveillé, je me dis déjà que c'est des fêlés. Mais bon , Massoud nous assure qu'il nous faut un maximum d'eau, et que Akhbar peut porter 300 kilos tout en traversant le désert a cloche-pied. Il nous répète a l'envi que ce mec est indestructible. Quand il se rend compte qu'Akhbar est blessé au pied, il nous répète que si y'a un gars qui peut faire ça avec un pied dans le sac, c'est bien lui. D'ailleurs, il s'était déjà fait une entorse dans une de ces expéditions, et avait marché 25 km sur sa patte folle pour rentrer. Quand Akhbar se blesse la main, a les épaules qui souffrent le martyre parce que les fines lanières de son sac les lui lacèrent, Massoud nous dit de ne pas nous inquiéter, ce mec est en marbre. Bref, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien...

Publié dans IRAN

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