Veille de l'expédition

Publié le par Jullian


Une nouvelle journée morte, routinière, agréablement routinière. Tout le monde s'occupe, a part Alistair qui passe son temps a dormir. Ballade, safari photo, écriture, quelques papotages avec de nouveaux venus bulgares, autrichien, polonaises.


En fin de journée, Anne, Caroline et moi faisons notre shopping spécial désert. Tenues, bouffe, eau. J'ai plus de mal a trouver des lunettes de soleil. Heureusement, un gamin polyglotte nous viens en aide. Il parle couramment arabe et allemand (en plus du perse bien sur), et se débrouille en anglais. A 12 ans ! Lui et son oncle nous accompagnent jusqu'à une boutique ou l'on discute et négocie en allemand (mon pauvre allemand rouill
é qui fait pitié), matiné d'anglais, plus quelques mots perses pour épicer le tout. Ce ragoût éclectique donne quelque chose d'assez peu efficace et compréhensible. Le mime a finalement de meilleurs résultats. Je coupe court a des négociations mal engagées de toute manière, pour pas retenir trop longtemps notre polyglotte de poche, et sous la pression de l'ostentatoire ennui et ras-le-bol d'Anne (hein la miss!). Je ressors de la avec des lunettes de mouche qui couvre mes lunettes de vue ( et payées au moins aussi cher qu'en France). Dommage que je n'ai plus mes défunts cheveux longs et boucles, j'aurai fait un bon sosie de Polnareff.


Une nouvelle petite soirée en bonne compagnie, ou Massoud, cerne sous les yeux, nous rejoint pour revoir les derniers détails du trek du lendemain. On est pas parti, et il semble déjà exténué. Il n'est pas guide touristique professionnel, c'est juste un gars amoureux du désert qui s'improvise parfois chef d'expédition. A cot
é de ça, il est déjà pleinement occupé par la préparation de six courts-métrages qui vont se tourner autour de Yazd. Six étudiants en cinéma, membre de l'équivalent de la Femis, préparent depuis de longs mois leur documentaire de fin d'études. Lui-même tente de percer dans le milieu et diriger ses propres projets. Dans ce cas, il les a aidés pour les repérages des lieux, l'organisation, la logistique. Et il surveille de très très près, comme un second réalisateur, ou un producteur plutôt, la réalisation du projet de son cousin, un des six "élus", qu'il considère comme un fainéant qui risque de faire foirer le projet. Le tournage commence dans quelques jours. Il est donc surchargé et voit ce trip dans le désert comme une opportunité de faire un break. Tu parles, Charles ! Des heures de marche dans le désert, tu parles d'un break ! Il va vite se rendre compte qu'il avait oublié, sous-estimé la difficulté de ce genre de marche et l'importance de son état de fatigue...

Publié dans IRAN

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