Le lendemain, pas bien, je me décide a aller voir un docteur. Mustapha, le gérant de l'hôtel, me fait escorter a un dispensaire. De la,
ils appellent un médecin qui parle anglais. Il me demande ce que j'ai. J'essaie de m'auto-diagnostiquer en anglais, et je sors avec des antibiotiques et un truc contre la grippe ou quelque chose
comme ça.
Après une autre soirée dans le salon de l'hôtel, une dernière nuit, je quitte Van sans avoir rien vu de ses splendeurs ou de la beauté du lac.
Le bus m'emmène a Diyarbakir, bastion de la culture kurde en Turquie. Mais je ne m'arrête pas. Je trouve un bus bonde en partance pour Mardin. Je fais le trajet assis sur les marches, a discuter
avec un petit jeune et quelques autres curieux autour.
J'arrive a la nuit a Mardin ou je trouve, après un peu d'errance, la rue principale et le moins cher des hôtels de la ville (au prix classique de 15 liras), le Basak Hotel. En travaux, un
peu pouilleux, mais le prix est la.
Au matin, je pars pour une promenade dans la vieille ville. En passant devant l'office de tourisme, un étudiant m'y fait rentrer et m'explique le topo sur la ville. Il est accompagne de la
plus belle jeune femme qu'il m'ait été donne de voir. Je suis foudroyé a la vue de son visage. Elle a des yeux des plus incroyables, a faire palir ceux de la jeune afghane sur la célèbre
photo de McCurry. A la différence près qu'elle me sourit et me dévore des yeux, en toute innocence, comme une enfant. J'ai du mal a ne pas la regarder pendant que l'autre me fait son speech.
Surtout qu'elle me lâche pas des yeux.
Je crève d'envie de la prendre en photo mais je sais pas comment m'y prendre. C'est encore plus compliqué dans un pays musulman comme ici. Je sais pas si c'est sa soeur, sa petite amie ou juste une
collègue. Je sais pas si ma demande va sembler déplacée. Certaines choses me font réaliser qu'elle ne parle pas anglais. Il faudrait qu'il serve d'interprète. Je vais passer pour un barge ou un
pervers. Je n'ose pas. Je me dégonfle. J'aurai tant voulu que vous voyez ce visage, ce regard.
Je vais me perdre dans les ruelles pittoresques de la superbe Mardin, encore hante par cette fille. Une vieille ville entièrement jaune-ocre, tannée par le soleil, découpée par ses ombres,
envoûtante. Et la vue, en haut de la colline, est époustouflante. La ville en son entier, bâtie par palier sur la colline, avec des enfants jouant sur les toits, des femmes s'occupant du linge, et
au loin, des champs multicolores s'étendant jusqu'à l'horizon.
L'après-midi, je pars a pied voir un vieux monastère, a Deyrul Zafaran, a quelques kilomètres de la. Je passe 2-3 heures agréables sur place avec Judith, une suisse dans la quarantaine, qui parle
couramment turque et revient en Turquie pour la 18ème fois.
Le monastere a été construit une première fois en 495, sur un ancien site voue au culte du Soleil, ce qui excite mon imagination. Toujours actif, ici, la messe est en araméen. Et des étudiants
y viennent encore en pension apprendre l'araméen et perpétuer cette culture en voie de disparition. Le bâtiment n'a, a mon goût, rien de particulier. Mais sa situation et la vue vous donnent
l'envie de prier. L'endroit est définitivement mystique.
En ville, je tombe sur Benjamin, le Morbihannais rencontre le premier jour. Lui et son pote Vivien ont fait la route du Sud, le long de la Méditerranée. Apparemment, ils ont pris pour habitude
d'attirer les emmerdeurs, ce qui est vite démontré quand un casse-couille vient nous parler, tout énervé, a moitie agressif, posant des tas de questions, et relançant toutes nos réponses par des
"why?". A mon avis, ils ont un mauvais karma, ou leurs tetes de petits branleurs provoquent des réactions bizarres chez certains. Je sais pas.
Ils poursuivent leur route sur Diyarbakir. Moi je passe la nuit et prend le bus de midi pour Urfa.
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