Mercredi 18 juin 2008
3
18
/06
/Juin
/2008
11:19
Je reste une heure seul au camp avant que deux jordaniens et une hollandaises débarquent. Ils m'offrent a manger avant qu'on aille
s'amuser a faire de l'escalade dans les environs. Deux français et un anglais, Richard, déjà croisé a Petra, arrivent a leur tour. Intéressant, Richard est journaliste pour un magazine de
business, et il s'occupe de couvrir le Moyen-Orient. Il profite d'un déplacement en Jordanie pour s'offrir une semaine de vacances. La semaine prochaine, il attaque ses interviews, avec le
premier ministre, le ministre du commerce, des grands patrons...Il a même fait la demande au Roi et a la Reine, même s'il s'attend a une réponse négative. On discute tous ensemble pendant que
quelques bédouins préparent le camp et la cuisine.

Je vais me dégourdir les jambes pendant une bonne heure. Je marche dans le désert, avec la musique touareg de Tinariwen dans les oreilles, et ça se marie parfaitement. Le soleil tape et y'a pas
une âme a l'horizon. C'est tellement magique que j'en ai un sourire figé par le bonheur d'être la.

Je suis rejoins par le trio franco-anglais pour le coucher du soleil. Perchés sur un rocher, on regarde la vallée, le désert rougir, et le soleil disparaître paisiblement derrière une
montagne.

De retour au camp, il fait déjà nuit. Deux autres français, Sabine et Stéphane, sont arrivés entre temps. Tout le monde boit le thé autour du feu en discutant. Les bédouins se sont réunis sous la
grande tente, assis sur des tapis, face au feu. L'un d'entre eux sort un Oud (sorte de luth) et commence a le gratouiller. Il joue des mélodies belles et complexes, bientôt rejoint par un autre
bédouin qui s'attaque au darbouka (percu). Bédouins et jordaniens commencent a chanter, on se joint a eux, assis en rond.

Le joueur de Oud est vraiment excellent, mais ça manque de percussionnistes. Les bédouins se refilent le darbouka comme une patate chaude, incapables de tenir un rythme. Et c'est la que votre
serviteur entre en scene, naturellement. Non sans fierté, je les écoeure et m'accorde au rythme du oudiste (quel frimeur ce Jullian, vraiment !). Quelques bédouins se lèvent alors et entament une
danse endiablée au milieu du groupe qui tape des mains en rythme. La scène est belle. Les bédouins, tout habillés de blanc, se déhanchant fémininement au rythme du darbouka, éclairés par la
lumière vivante du feu.

C'est l'heure du repas. Des plats de légumes, des salades, le pain et les boissons sont apportés sous la tente. On nous invite a suivre les cuistots a la sortie du camp, ou est creusé le four. A
la lumière des phares de la jeep, un bédouin tape dans le sable a la pelle, puis déblaie un couvercle en ferraille qu'il fait sauter pour laisser apparaître un trou dans le sable, dans lequel
rôtissaient du poulet et des oignons en broche. Honnêtement, l'atmosphère joue peut-être aussi sur mes sens, mais j'ai jamais mangé de poulet aussi délicieux. On s'en met plein la panse, tous
paisibles et heureux.

Je vais digérer tranquillement a l'extérieur du camp, allongé dans une dune, a regarder ce fameux ciel du désert. Et c'est vrai que le ciel est fantastique, loin des lumières de la ville. Le
nombre d'étoiles visibles est impressionnant, leur éclat incomparable. Je remarque des constellations jamais observées jusqu'ici. Des étoiles filantes passent et disparaissent. D'autres semblent
se déplacer a vitesse régulière, traversant le ciel de part en part (des satellites ?). Je me sens hypnotisé, aspiré. On dirait que tout bouge et que le ciel va me tomber sur la tête, par
Toutatis !
A mon retour au camp, j'en parle a l'hollandaise qui m'emprunte ma torche pour aller aux toilettes. Une heure plus tard, elle est toujours pas revenue. Ses potes jordaniens, inquiets, partent a
sa recherche. Une bonne partie des bédouins aussi. Alors qu'ils sont tous en train de l'appeler plus loin dans les environs, elle revient au camp comme une fleur, un peu décalée. Elle s'est faite
envoûter par le ciel et s'est trouvé un coin tranquille pour l'observer, inconsciente du temps qui passe.
On se décide tous a passer la nuit a la belle étoile. On part avec matelas
et couverture sous le bras a la recherche du bon endroit. A part Richard et moi, tout le monde a l'air de vouloir dormir au sommet d'un rocher. Bon, pourquoi pas, on suit le mouvement. Ce
sera mieux a plusieurs et le réveil sur les hauteurs peut être sympa. Une fois la-haut, avec une vue imprenable sur le désert, je galère a trouver mon spot, tourne en rond avec mes affaires
sous le bras. Pas assez plat, trop venteux... Je finis par me poser mais je suis pas encore au paradis. Or, je vais pas dormir souvent a la belle étoile dans le désert, alors ça doit être
parfait. Une heure plus tard, mal a l'aise, je reprend tout mon barda et redescend. Je m'installe sur une dune plus loin, et la le sourire du gars heureux surgit sur mon visage. Un ciel fabuleux,
la musique adéquate, les pieds dans le sable, tout va bien. La nuit est fraîche, mon sommeil léger, mais pas de quoi gâcher ce moment.
Je me réveille a coté d'un chameau, qui me regarde d'un air curieux. Le soleil se lève a peine et tout le monde dort encore. J'ai la patate alors je me promène. Je reviens alors qu'un bédouin
prépare le p'tit dej, rejoins petit a petit par les autres qui émergent des rochers.
Sabine et Stéphane se rendent aussi a Aqaba, ou ils vont passer la frontière pour Israel (Sabine y travaille). Je me joins a eux, on partage un taxi, laissant derriere nous ce merveilleux désert
de Wadi Rum. On discute en chemin et se quitte a la frontière. Le taxi me dépose au Jordan Flower Hotel, dans le centre d'Aqaba.
Derniers Commentaires